“Quand Maxime Lebreton m’a proposé une exposition au château Beychevelle
je me suis rappelé que déjà en 1982 il m’avait invité comme le premier artiste choisi
par Mécénart et ce fut une expérience intéressante.
J’ai été conquis par le charme du château Beychevelle, ce magnifique lieu dont
l’équilibre
architectural est en résonance parfaite avec la belle ordonnance des vignes
qui l’entourent et conduisent au fleuve. J’ai décidé de m’investir à fond dans
cette perspective en choisissant pour thème : la vigne et le fleuve. Les vignes
organisent le paysage tout autant que la grande étendue d’eau du fleuve. C’est
d’un côté l’effet de la main de l’homme et de l’autre celui de la nature sans contrainte.
Cette notion est très proche de ce qui se passe dans la recherche d’une peinture. Dans
le répertoire qu’offre la nature, la main du peintre doit saisir la seule forme ou
couleur nécessaire à son projet.
Dans cette terre du Médoc, ce sont, d’une part les tons chauds qui emportent la tenue
de l’ensemble et par le jeu répétitif des éléments tels que les feuillages, les piquets
porteurs ou les ceps, introduisent des variations rythmiques, d’autre part, les tons
froids qui marquent le monde des ombres particulièrement dans les parties
aqueuses et offrent un prétexte pictural à des gammes tout en valeurs et en nuances.
Au cours de ces multiples propositions la recherche de détails qui révèlent le tout
en privilégiant les accents allusifs, offre un élargissement du regard et par là même
montre le défi que la peinture propose depuis qu’elle existe à savoir une osmose entre
une vision et une fusion.”